Maison de la nature ou Maison de la chasse ????
8 avr
Le conseil municipal vient de voter le budget primitif 2018 et a donc inscrit au chapitre des dépenses d’investissement : la construction d’une « Maison de la nature ».
Le montant des travaux a été légèrement revu à la baisse, mais il s’élèvera à la somme de 175.000,00 €.
Pour le moment, la seule subvention qui a été actée dans le projet de budget est une aide de l’état de 48.000,00 €.
Cela indique donc qu’il manque : 175.000,00 € – 48.000,00 € = 127.000,00 €.
Le reste à financer ne se fera pas par le biais d’un emprunt, mais grâce à la somme de 105.000,00 € qui provient de l’excédent (et non pas du bénéfice) du budget du lotissement Bergay.
Il faut donc s’arrêter un instant sur ce point, car il peut être intéressant pour les acquéreurs des différents lots de savoir que c’est grâce à eux que va pouvoir être financé le projet de « maison de la nature » (ou de maison de la chasse).
En premier lieu, il convient de rappeler qu’une commune ne peut pas réaliser de bénéfice sur une opération immobilière parce qu’elle n’a pas la qualité d’investisseur au même titre qu’un investisseur privé.
Une commune doit vendre au prix de revient calculé par rapport au coût réel des travaux et de l’investissement, et ne pas réaliser de bénéfice.
Il convient de garder cela à l’esprit pour la suite du raisonnement.
Pour pouvoir faire cette opération, la commune a décidé l’acquisition du terrain (du temps de la précédente municipalité), elle fait les travaux nécessaires à l’aménagement.
La commune a fixé, lorsqu’elle a été en possession des devis des travaux, un tarif de vente du terrain au mètre carré.
Il était question au départ de faire 14 lots et de garder 1 lot pour faire réaliser par un opérateur (exemple XL Habitat) 3 logements sociaux.
Ce dernier point a été annulé et le lot a été transformé en deux lots à bâtir.
Notre Grand Argentier Étienne MOZUL a préparé un projet de financement et M. le Maire a proposé au conseil de fixer deux tarifs différents pour la vente des terrains :
- 85 € le m2 pour les terrains situés en bordure de la route qui va vers Saubusse,
- 90 € le m2 pour les terrains situés à l’arrière ou à l’intérieur du lotissement.
Cette différence a été expliquée du fait de leur emplacement.
Les travaux ont été faits, les lots ont été vendus et Étienne MOZUL nous a indiqué que la commune allait faire « non pas du bénéfice » (une commune n’en n’a pas le droit), mais un excédent ( ? ) de 105.000,00 € lorsque tout serait réglé.
Lorsque nous avions signalé, au départ de cette opération que le prix de vente nous paraissait un peu élevé pour RIVIÈRE, il nous avait été rétorqué :
« Il faut se donner les moyens de nos ambitions » (Anouck BARTHELEMY dans le texte), et Étienne MOZUL a précisé : « il faut se garder une poire pour la soif ».
Nous avons donc attendu de savoir quelles étaient les « ambitions » de l’équipe majoritaire.
Nous avons maintenant connaissance de l’ambition principale de cette équipe : « la réalisation d’une Maison de la Nature (ou peut-être une Maison de la Chasse).
C’est un point de vue qui se respecte, mais il est également intéressant de connaître le financement de cette opération.
Il est particulièrement piquant de savoir que le prix du terrain a été calculé de manière à ce que le projet de « maison de la nature » puisse se faire.
Les acquéreurs des différents lots seront contents et satisfaits de savoir qu’ils seront, en quelque sorte, « propriétaires » de ce bâtiment puisqu’ils auront été les seuls à financer sa construction, alors qu’il aurait été plus logique que ce soit éventuellement l’ensemble des habitants de la commune.
Comme nous l’avons déjà dit par ailleurs, le projet de la « Maison de la Nature » est un projet intéressant, puisque nous avons eu cette idée, ensemble, pendant la campagne électorale de mars 2014.
Cependant le projet de « Maison de la Nature » que nous imaginions à ce moment là, était quand même différent, c’était une « vraie Maison de la Nature ».
Le projet actuel, tel qu’il a été présenté, comporte une salle d’éviscération et une chambre froide, sur le plan du permis ces pièces sont appelées : salle de découpe et chambre froide.
plan Maison de la ( Chasse) (Nature)
Quel est l’intérêt d’avoir ce genre d’équipement dans une « maison de la nature » ? La question peut être posée.
Cette Maison de la Nature doit être partagée entre la section Chasse (ACCA) et la section Pétanque. Cette dernière a en effet, demandé à pouvoir bénéficier de toilettes, lorsqu’elle organise des tournois ou des simples rencontres.
Si vous regardez bien le projet de bâtiment, des toilettes ont été prévues, mais à l’extérieur. Il n’y aura donc pas besoin de rentrer dans le bâtiment.
Mais a-t-on besoin d’une salle d’éviscération ?
D’un autre coté, il est nécessaire de réaliser une salle d’éviscération de manière à ce que les chasseurs, lorsqu’ils font une battue au sanglier ou au chevreuil, soient en règle du point de vue hygiène.
Mais là encore, nous évoquons ce problème de l’hygiène depuis 2014, et les chasseurs l’évoquent depuis bien avant.
Chaque année, au moment du budget, nous remettons ce projet sur la table du conseil, et chaque année passe, et rien ne se fait.
Depuis 2014, la salle d’éviscération aurait eu le temps d’être réalisée plus de 10 fois.
D’autant que nous avons évoqué, à l’époque, l’hypothèse de la mettre dans une partie du hangar communal situé à « Laboudigue ».
Un peu plus tard, lorsque la commune a acheté le bâtiment situé à coté de l’ancienne gare, nous avons proposé que la salle d’éviscération soit aménagée à l’intérieur. Ce pourrait une utilisation pour ce bâtiment, d’autant qu’il ne sert à rien et prend mal.
Ces deux hypothèses ont été balayées d’un revers de main.
Et nous apprenons aujourd’hui que la salle d’éviscération pourrait se situer sur la place du fronton, à proximité de l’école, et au milieu de l’espace réservé jusqu’à ce jour aux sports et aux loisirs. Est-ce le meilleur endroit pour mettre cette installation ?
Mais de toute évidence il faut faire quelquechose, car il faut une salle d’éviscération.
En 2015, le conseil municipal avait inscrit la somme de 30.000,00 € sur le budget, pour que les chasseurs puissent réaliser ce local. Nous en sommes aujourd’hui à la somme de 175.000,00 € plus les frais de maîtrise d’œuvre et autres.
Le projet a bien changé, entre temps.
Le maître d’œuvre a été choisi par M. le Maire, tout seul, sans même faire une consultation, sans demander aucun autre devis.
Ce point avait d’ailleurs été soulevé lors d’une assemblée générale des chasseurs. Un intervenant, chasseur lui-même, a fait remarquer à M. le Maire que cette façon de faire était illégale, qu’il avait obligation de lancer une consultation.
M. le Maire avait alors répondu qu’il n’avait pas le temps de faire cette demande.
Nous étions en 2016, et nous sommes aujourd’hui en 2018. Deux ans se sont écoulés, et durant ces deux années, il y avait largement le temps de faire les choses réglementairement.
Mais comme disait Jean YANNE : « On ne va quand même pas s’embêter avec les formalités administratives ! ».
A ceci près qu’il convient de se poser la question de savoir si ce n’est pas le rôle d’un Maire que de montrer l’exemple ?
De plus, pendant la campagne de 2014, notre liste a critiqué le projet de la liste adverse de faire un parking pour les campings cars, non pas parce que c’était un mauvais projet, mais parce que ce n’était pas le moment de le réaliser.
Et aujourd’hui, le conseil municipal (emmené par l’équipe majoritaire) est en train de prendre le même chemin.
Toujours est-il qu’entre 30.000,00 € point de départ et 175.000,00 € prévision de point d’arrivée, il y a une marge.
Et cette marge va être financée par les acquéreurs des lots du « lotissement Bergay ».
Ces mêmes acquéreurs qui ont la taxe d’aménagement à payer, dont le taux a été brutalement augmenté à 5% par l’équipe actuelle.
Ces mêmes acquéreurs qui auraient vu d’un bon œil de payer le terrain un peu moins cher, si le conseil n’avait pas décidé majoritairement de fixer ces prix pour, rappelons le, « se donner les moyens des ses ambitions ».
De plus, il semble que des chasseurs soient opposés à cette implantation en plein village. Ils sont d’autre part impatients d’avoir enfin un local aménagé, afin d’être en règle au niveau de l’hygiène. Cependant ils préféreraient que ce local soit ailleurs
N’est-il pas temps de se poser les questions suivantes :
- Est-ce que la « Maison de la Nature est indispensable maintenant ?
- Est-ce qu’il n’y a pas de travaux plus importants et plus urgents à réaliser avant ?
- Est-ce que la salle d’éviscération ne peut pas être faite dans le local dont la commune est propriétaire à coté de la gare et qui ne sert à rien ?
Autant de questions qu’il est sans doute important de se poser et que l’équipe majoritaire ne s’est visiblement pas posées.






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